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Consécration
Alors qu’il était âgé de douze ans environ, le jeune Saad Bouh décida de se consacrer à Dieu. Durant son invocation, il eut une vision qu’il décrit ainsi ‹‹ je vis à travers une lumière d’une blancheur éclatante mon père, Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin, en compagnie de quatre des Oulil azmi. Hommes résolus parmi les envoyés de Dieu (Coran, XLVI, 35) que sont Mouhammad (PSL), Abraham, Moise et Noé. Ce dernier venait de la mer, suivi par plusieurs personnes et, lorsque je fus conduit auprès de lui, il me bénit. Ce qui m’étonne dans cette vision ce sont les ressemblances comme deux gouttes d’eau, d’une part, entre mon père et Mouhammad (PSL) et d’autres, entre ce dernier et Abraham››.
Le lendemain, Saad Bouh ira raconter cette vision à Cheikh Mouhammad Fadel Ould Lakhbib qui jouissait d’une réputation dans l’interprétation des songes. Celui-ci le lui interpréta ainsi : ‹‹ la forte ressemblance entre Mouhammad (PSL) et ton père s’explique par le fait que ce dernier s’est à tout moment, confronté à la Sunna (traditions) du Prophète (PSL). La forte ressemblance entre Abraham et Mouhammad (PSL) s’explique quant à elle, par le fait que ce dernier, en parachevant la religion prôné par Abraham (monothéiste) s’en est inspiré tel que Dieu le lui avait prescrit. Et enfin la troisième séquence n’est que le rappel de la reconstitution de l’humanité par Noé après le célèbre déluge. Ce qui fait qu’après Adam, Noé est l’ancêtre des hommes. C’est pour respecter son ancienneté que les autres Oulil azmi sont allés à la rencontre de Noé afin de lui présenter leur ‹‹ fils›› Saad Bouh.
A son âge, Saad Bouh n’avait qu’une préoccupation : être un serviteur exceptionnel de Dieu. Aussi ne songeait-il, dans ses médiations, qu’à quitter le Hod oừ, disait-il, la cupidité était de mise, pour la Mecque et Médine, berceaux de l’Islam. Il allait vite se résigner car, disait-il, ce serait aller contre la volonté de Dieu qui l’orientait vers l’Ouest du Hod. C’est donc dire que Saad Bouh savait depuis son enfance, qu’il avait une mission à accomplir dans cette zone géographique qu’est l’Ouest. Aussi aimait-il se promener seul et méditer sur les merveilles de notre seigneur. C’est dans cette situation qu’il raconte en plus ce songe.
‹‹ Au cours d’une nuit j’ai été interpellé, dans mon sommeil, par un hâtif (quelqu’un qu’on entend mais que l’on ne voit point) qui m’entoura la tête avec le turban de mon père, puis me fit porter tous ses habits, me remit son chapelet et me demanda d’aller prier à la mosquée où je trouvai mon père, à la droite duquel je me plaçai : et il y avait plusieurs fidèles derrière nous. Quant le hâtif cria : ‘ que quelqu’un dirige la prière ’, je regardai mon père et étrangement, nous étions la même personne, avec les mêmes tenues. Ainsi nous dirigeâmes ensemble la prière à l’issu de laquelle mon père fit volte face vers l’Ouest et, me sachant parvenu au sommet, me recommande d’être indulgent et juste avec mes parents’’.
Aussitôt après ce songe, le jeune Saad Bouh ira encore consulter le grand Cheikh Ould Lakhbib qui, avant que son ancien élève ne s’adresse à lui, lui explique le songe et lui tint ces propos : « Tes vœux seront bientôt exauces par Dieu et en conséquence tu seras élève au grade suprême. D’ailleurs dans les voies célestes on t’a baptisé Al Moukhtar (l’élu, le choisi) ».
C’est à partir de ce moment que Cheikh Saad Bouh, tel qu’il l’a rapporté dans son livre intitulé " Démenti sur ma soumission", en a décelé en lui, pendant sa jeunesse, des choses que toutes les sources d’enseignement réunies : la Sharia (lois islamiques), les livres de sciences et les traditions orales, etc., ne peuvent raconter. C’est à ce titre qu’il dit : « Mouhammad (PSL) ne nous avait –il pas recommandé de ne pas raconter aux gens, et au risque d’être mal jugés, des faits qui ne sont pas à leur niveau d’entendement ? »
Et pour nous donner une idée sur sa personne , Saad Bouh nous rappelle les propos jadis tenus, dans le même ordre d’idées, par son aïeul Ali di Zein El Abididn, le seul fils de Hossein, petit fils du prophète (PSL) qui à survécu à la bataille de Karbala (an 61 de l’hégire) : « Si je me mettais à raconter le savoir dont m’a pourvu Dieu , l’on dira que j’adore les idoles, et au vu de la Sharia, je serais condamné à mort » .
Le jeune Saad Bouh restera auprès de son père jusqu'à ce qu’il sentit et entendit chacun de ses poils glorifier les noms divins un serviteur inconditionnel et incontesté de son Seigneur.
Il venait d’avoir environ quinze ans lorsque son père lui avait livré le Wird khadrya, l’éleva à la dignité de maitre (cheikh) en lui entourant la tête de son turban et le décora à titre honorifique, de l’emblème de l’Islam dont la communauté a hérité du Prophète (PSL).
Le fils prodige reçut alors de Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin les plus sages conseils. Cette période marque le début de leur séparation dont d’aucuns disent qu’elle a été précipité par son père quand le jeune Saad Bouh le fit sortir, par un phénomène inexplicable, de sa retraite spirituelle, la tête nue (fait unique durant toute sa vie). Cet événement est survenu quand un disciple de Cheikh Mouhammad Fadel Ould Lakhbib, commissionné par ce dernier auprès d’Ould Mamin, trouva celui-ci en retraite mystique au cours de laquelle personne n’osait le déranger. Il promit alors un beau boubou à quiconque parviendrait à le faire sortir de sa retraite. Le miracle se produisit de la part de Saad Bouh. Il convient de préciser que d’autres l’attribuent à son frère Cheikh Amdal Mahmoune. => Suite
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