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L'Exode

La séparation de Cheikh Saad Bouh avec ses parents s’est traduite par un exode qui, en fait, devait justifier la consécration dont il a été gratifié. Cet exode connut plusieurs étapes dont chacune constitue une épreuve qui se présentait généralement sous forme de confrontations spirituelles ou d’accusations gratuites qu’il se doit de lever pour sa crédibilité.
Voyons –en les péripéties.

A LA RECHERCHE D'UN CAMPEMENT

En quittant le Hod, Cheikh Saad Bouh partit donc à la recherche des Ntaaba. Il parcourut plus de mille kilomètres à travers le Hod occidental, le Tagant (limitrophe avec l’Adrar). Le Brakna et enfin le Trarza. Pour ce long itinéraire où les animaux féroces imposaient leurs lois, Cheikh Saad Bouh commença par dédier au Tout Puissant un poème dans le quel il lui demandait de le préserver avec les siens, contre les animaux et d’instaurer la paix sur terre.
Cet itinéraire devait le conduire dans des régions reculées oừ le célèbre et vénéré Cheikh Mouhammad Fadel Ould Mamin était inconnu ; ceci marque pour Cheikh Saad Bouh le début d’une ère nouvelle.


Cependant, il ne manque pas une fois d’entretenir des relations épistolaires avec son père à qui il envoyait régulièrement des adiya (aumônes) pour ne pas faillir à la tradition qui recommande de ne point oublier son maître. Dans ses lettres, il mettait de loin celui de ses contemporains  et celui de ceux qui l’ont précédé. Et en outre, il rappelait fièrement ses origines qui remontaient jusqu’à Mouhammad (PSL) dont son père, maitre des maitres, était l’héritier spirituel tout comme lui, était le sien.


En retour, Cheikh Mouhammad Fadel, en assurant à son fils sa présence constante à ses cotés, ne cessait d’apaiser son ardeur en lui conseillant « de ne point négliger les prières canoniques et d’être clément vis-à-vis des hommes afin que la grâce divine soit davantage répandue sur lui. Car  » poursuit –il, il m’a été révélé que, le jour dernier, grâce à toi, la plupart de ces hommes iront au paradis ».


Ainsi, pour se consacrer davantage à Dieu, Cheikh Saad Bouh écrit Ya Sakhibayadami : prière faite à ses organes des sens, afin que ceux-ci se détournent de toutes les tentations de ce monde.
Avant de venir s’établir à Ziré, au milieu des Ntaaba, Cheikh Saad Bouh séjourne dans plusieurs lieux : Cheikh Saad Bouh a séjourné à Gouenit, Toueyzikt, Mbel, Bou Jaiba (entre Khoufa et l’océan), etc. Il y passa respectivement plusieurs mois. Et chaque fois que, dans cette contrée, l’occasion se présentait à lui, il y établissait sa réputation maraboutique tout en clamant son origine chérifienne.


Lors de son parcours vers Zire, Cheikh Saad Bouh rencontra, à Mbel, Mouhammad Ibn Hanbal, personnage vénéré dans toute cette région. Ce saint personnage qui, éclairé par une inspiration divine, accompagna Cheikh Saad Bouh dans son trajet et se plaça ensuite avec ses cents disciplines, sous son obédience. De celui-ci. Il fut  ainsi le premier Cheikh consacré comme tel, en pays maure. Il donnera plus tard à son nouveau maître, sa nièce en mariage.
C’est dans cette contrée que Cheikh Saad Bouh rencontra également, tout près de Maray, sur la rive droite, Mouhammad Sakhnoun de la tribu des Ehel Ag Dabiaye qui allait devenir l’un de ses fideles disciples et compagnons.


En voici les circonstances : un jour, Cheikh Saad Bouh vint dans le campement de Mouhammad Sakhnoun qui en était absent. Mais il y trouva ses fils Mouhammad et Mouhammadou Guia qui se soumirent à lui, après s’être fait raser la tête. Aussitôt les nouveaux disciples se mirent à courir dans tous les sens, à boire de l’eau de la mer et à manger des feuilles d’arbre.


De nos jours d’ailleurs, les descendants de cette famille soignent certains de leurs maux avec de l’eau de mer ou des feuilles d’arbres.
Or, Mouhammad Sakhnoun, en rentrant chez lui, trouva Cheikh Saad Bouh et ses fils en transe. Il  apostropha sévèrement l’inconnu qu’il n’avait jamais vu auparavant, en ces termes : « Fais recouvrer à mes fils leur esprit et, chérif comme tu le prétends, tu dois être capable de trouver un remède à nos maux ».


Cheikh Saad Bouh releva le défi. Cette tribu se dévouera à Cheikh Saad Bouh et à ses descendants, ceci jusqu’à nos jours. Quant à Mouhammad Sakhnoun, devenu fervent adepte de Cheikh Saad Bouh, il ne le quitta plus un instant. Cheikh Saad Bouh se maria pour la première fois. C’est également vers cette contrée qu’il rencontra celui qui deviendra assurément à la fois son plus grand détracteur et adversaire : le savant Mouhammad Ibn Tefi du village de Lakharat situé au Nord de Saint Louis. En effet , ce personnage mit Cheikh Saad Bouh à l’épreuve en lui demandant d’abord , de lui faire faire involontairement un geste de courtoisie envers lui et, ensuite ,  à partir d’une petite calebasse remplie de lait , de faire boire à satiété tout le monde qui les entourait.


A la demande de Cheikh, le lait fut préparé. Il pria alors Ibn Tefi de prendre la calebasse  et de servir tout le monde. Celui-ci s’exécuta en toute docilité sans s’en rendre compte, et chaque personne put boire du lait à volonté.
Apres cette action, Cheikh Saad Bouh fit un geste en direction des centaines de personnes qui pratiquaient, non loin d’eux, du dhikr et aussitôt ils se turent tous. Et au fur et à mesure qu’il faisait un geste du doigt, celles-ci reprenaient une à une leur dhikr. Ensuite, il refit pratiquement les mêmes gestes, mais cette fois –ci avec du sable, en direction de quelques animaux qui rodaient aux alentours du campement.  Et tel un corps de ballet, ceux-ci s’exécutèrent au gré de ses gestes.

 

CAP SUR LE SENEGAL

Il paraît nécessaire de préciser que  Cheikh Saad Bouh, après son départ du Hod, n’y est jamais retourné et qu’il  entreprit le voyage au Sénégal après le décès de son père en 1869. Et Saint Louis fut la première ville sénégalaise à l’accueillir en 1872 alors qu’il n’avait que Vingt-quatre ans ; trois ans donc après la disparition de son père.
Comme à son habitude, Cheikh Saad Bouh, en vue de son départ pour le pays des maisons en dur, fit cette prière:
"O Seigneur ! Dirige-moi sur le droit chemin exauce mes prières.
Et bénis l’agriculture ainsi que l’élevage
Car tu es le Maitre incontesté de l’univers.
Assiste-moi et fais que je me sente assisté de toi.
Guide mes pas partout oừ je vais
Et confirme-moi dans mon dévouement".


En raison des dures et habituelles conditions de voyage, Cheikh Saad Bouh séjournera encore dans plusieurs endroits avant d’arriver à Saint-Louis qui était alors la capitale du Sénégal et de la Mauritanie.
Au cours de son périple en pays noir qu’il avait l’habitude de visiter tous les deux ans dans ses parties limitrophes avec la Mauritanie, le Cheikh se rendra ensuite dans les provinces de l’intérieur du Sénégal ; Fouta, Baol, Diambour, Dakar, Cayor.


Notons quelques faits qui ont marqué ce périple pour mieux caractériser les épreuves subies au cours de cet exode.


Saint Louis : lors de son premier séjour dans l’ancienne capitale du Sénégal et de la Mauritanie, Cheikh Saad Bouh et ses disciples avaient élu  domicile au quartier Guet –Ndar, chez la dame Thiane Mbadieye. En l’absence du Cheikh ses disciples, conformément à ses recommandations, prièrent toute une nuit, à haute voix. Etant donné que les autorités coloniales interdisaient cette pratique de dévotion, les policiers alertés, se rendirent chez ladite dame pour rappeler à l’ordre les disciples du Cheikh. Devant le refus  catégorique de ces derniers d’obtempérer, un policier blanc éperonna son cheval qui se cabra pour piétiner Mouhammad Lamine Ould Issa qui dirigeait les prières. Celui-ci prononça un nom d’Allah et le policier tomba par terre avec sa monture. Devant cette situation, un autre policier s’engage vers Ould Issa et lui administra une gifle magistrale. Le marabout prononça de nouveau deux noms d’Allah et le policier tomba et rendit l’âme aussitôt.


Cet incident valut aux perturbateurs (c’est ainsi que les autorités coloniales qualifiaient en ces circonstances, les talibés de Cheikh Saad Bouh) un séjour en prison. Informé des faits, Cheikh Saad Bouh pria toute la nuit et annonça le lendemain que Dieu lui avait révèlé qu’on allait venir le chercher pour libérer les talibés. Il refusa en conséquence de suivre chez lui Bou El Mogdad qui voulut lui éviter les démarches chez les policiers. Et comme il l’avait prédit, Cheikh Saad Bouh fut conduit chez le gouverneur qui l’interrogea avec bienveillance et fit libérer les prisonniers.


Une autre fois, alors qu’il avait campé au quartier Ndar –Toute, à l’emplacement de l’actuelle école Dodds qui n’était pas encore créée, Cheikh Saad Bouh reçut une convocation venant du gouverneur Coppolani. Il devait dans ce cas aller à son bureau situé à quelques cent cinquante mètres de son campement, vers le petit bras du fleuve Sénégal. N’ayant pas l’habitude de recevoir des ordres, il refusa de s’y rendre. Il revint cependant sur sa décision après maints conseils de ses moukhaddam, ses proches. Il se rendit alors au bureau du gouverneur avec ses fils  Sidya Bouya, Makhfouss, Ma El Aynine et ses disciples, Ahmad Baba et Mouhammad Lamine Ould Issa.


Une fois sur les lieux, le saint homme et sa suite furent reçus par le gouverneur Coppolani assisté par l’interprète Bou El Mogdad. Ils furent aussitôt informés de l’objet de la convocation : la cessation immédiate des exubérantes prières nocturnes. Ces prières qui ont été à l’origine des démêlés entre la police et les disciples du Cheikh perturbaient, selon l’autorité temporelle, le sommeil de ses enfants.
Etant un fervent adepte du dhikr  à haute voix,  Cheikh Saad Bouh refusa de se plier à la volonté de Coppolani qui  excédé fit signe de jeter un coup d’œil dans la cour du palais : des gardes armés jusqu’aux dents étaient ça et là. Le gouverneur voulut en fait lui signifier que s’il n’obtempérait pas, il serait mis en état d’arrestation,
Excédé à son tour, l’invité se leva et se dirigea vers la sortie, prenant du  bout de ses doigts les grains de son chapelet. Et aussitôt tout l’immeuble bascula d’un coté. Il fallut l’intervention  expresse de Bou El Mogdad pour apaiser Cheikh Saad Bouh qui, prenant à témoin Dieu et le Prophète (PSL), dit que s’il faisait un pas de plus Tout Saint Louis serait englouti dans les eaux. C’était là, également pour le Cheikh, une menace en réponse à celle dont il venait d’être l’objet de la part du Gouverneur.


Affolé, le gouverneur Coppolani s’empressa de faire donner à Cheikh Saad Bouh, en guise de adiya, dix balles de tissu, dix sacs de sucre, dix sacs de thé et un lit en plaqué or que le Cheikh cédera à un de ses disciples, le confort n’étant pas son fort. Monsieur Coppolani informera ensuite le gouverneur général du déroulement des faits tout en précisant que Cheikh Saad Bouh n’était pas dé portable. La tentative de déportation était donc en réalité l’objectif implicite de l’entrevue suscité par le gouvernement de colonie.


La déportation en question n’a jamais cessé en fait d’être l’objectif des français qui n’ont effectivement jamais pardonné à Cheikh Saad Bouh le ridicule dont ses talibés les ont couverts lors des démêlés de Guet Ndar. En plus de cela il faut ajouter la suspicion et la crainte qu’éprouvaient toujours les colons lorsqu’ils y avaient des attroupements autour des marabouts.


Cet état de fait persistant, l’administration élabora un plan qui consista à procéder à l’inauguration d’un bateau sur le fleuve Sénégal ; c’est cérémonie devant être rehaussé de la présence du gênant marabout. Il était prévu dans l’inéraire, une promenade jusque vers l’embouchure du fleuve. Mais le bateau ne put aucunement lever l’ancre, au grand dam des autorités coloniales qui firent appel à tout leur génie pour réparer leur moyen de transport défaillant, mais en vain. Et au saint homme de leur dire ; « Le Tout-Puissant n’a pas autorisé son départ d’ici ».


Impuissantes donc devant ce personnage visiblement assisté de Dieu, et pour faire la paix avec lui et son entourage, les autorités coloniales laisseront passer la frontières sénégalo-mauritanienne, et sans aucune taxe, ses taxes animaux, en quête de pâturage.  Est-il alors évident d’admettre que cette attitude des colons découle du « respect » qu’ils éprouvaient à l’égard de la sainteté de Cheikh Saad Bouh ?


Il serait dommage de se limiter aux seuls problèmes qu’a eus Cheikh Saad Bouh à Saint Louis qui, après le village de Débi, a été la première localité sénégalaise à l’accueillir ; accueil dont il lui sera très reconnaissant, notamment à l’égard des habitants de Guet-Ndar qui l’ont adopté dès son arrivée.


Cette reconnaissance va tout d’abord se traduire par cette révélation de la part du saints homme : « soyez satisfaits vous les pêcheurs car la porte la miséricorde ont pris le pas sur les péchés dont le registre d’inscription est à découvert ; ce qui engendre ainsi le pardon  pour tous les Saints-Lousiens ».


Ensuite il fera une autre révélation depuis son campement de Ndar-Toute. Alors qu’il avait l’habitude  de se promener par moment à cet endroit, vêtu d’un seul boubou , le cheikh pour se justifier  , dit qu’une des portes  du paradis donnait sur cet endroit et que le vent émanait lui rafraîchissait le corps . Cette révélation ne fait que confirmer les bienfaits que la plupart des marabouts ont prédits pour la ville de Saint-Louis.


Fouta : au cours d’un voyage par bateau vers Podor, Cheikh Saad Bouh étant arrivé après l’actuel village de Débi, descendit dans le canoë  attaché à la poupe du bateau pour faire ses ablutions et prier l’heure de « t ». Il s’y prit maladroitement et tomba du canoë. Personne ne s’était rendu compte, à cet instant, de ce qui s’était passé. Ce n’est qu’au bout de quelques minutes de quelques minutes qu’un de ses talibés signala son absence. On rebroussa chemin pour aller à sa recherche et on le trouva entrain de prier à la surface de l’eau.


Interrogé  sur ce prodige, le  saint homme déclara que dans sa chute, il a prononcé une syllabe de basmala et qu’aussitôt l’eau fut transformé à cet endroit du fleuve, en corps dur par les Rijalu khayri et les Rawkhânes qui sont tous deux des créatures invisibles, proches des anges. Il loua ensuite son Seigneur Qui  lui a révélé que s’il avait prononcé ce vers entier (basmala), toute l’eau du fleuve serait évaporé. C’est en remémorant cet acte que Cheikh Saad Bouh a écrit un écrit un ouvrage intitulé : « les Bienfaits de la basmala ».
Dakar : lorsqu’il vint Dakar qui n’était encore qu’une petite ville Cheikh Saad Bou campa dans le quartier Hock qui était alors le fief des lébous à proximité de l’actuel emplacement de la mosquée dite khadrya.


Cette mosquée est ainsi appelée ainsi parce que ses promoteurs dénommés Youssouf Ba Amar Gueye et proches avaient alors demandé à  Cheikh Saad Bouh de prier à cet emplacement sur lequel ils avaient l’intention d’édifier une mosquée. Apres une timide rencontre avec les populations l’ébous, il sera bien adopte, notamment par les membres des familles de Alpha Diol et Youssouf Ba Amar Gueye. Ainsi, ces populations n’hésiteront pas à constituer une délégation chargée de rencontrer le marabout de qui elles attendaient des prières pour faire face à leurs problèmes cruciaux, parmi lesquels l’épidémie mortelle qui sévissait dans Dakar et d’autres part la solitude dans laquelle se trouvait ladite localité. C’est donc là une explication de l’essor prodigieux de Dakar.


Quand Cheikh Saad Bouh quitta Dakar pour l’intérieur du pays, il fut rejoint en catastrophe, à yarakh, actuelle banlieue de Dakar, par quelques L’ébous réunis autour de Alpha Dol qui a été avec Youssouf Ba Amar Gueye l’un de ses premiers talibés dans la région. Apres avoir loue le Seigneur, Maitre ses mondes, ils lui dirent ; « Nous avions oublie, en vous faisant part de nos problèmes, celui de la sécheresse persistance ».


Le cheikh leur répondit : « Le maitre des mondes a déjà exauce votre prière. Et tout Dakar baignera dans l’eau. Il pleuvra sur la presqu’il toute une semaine durant au point d’inquiéter sérieusement tous les habitants ».
Ils se décidèrent d’aller, de nouveau, à la rencontre de Cheikh Saad Bouh qu’ils rejoignirent entre Mbao et Rufisque. Des qu’ils l’informèrent de leur préoccupation, la pluie s’arrêta.
Baol ; Cheikh Saad Bouh s’y rendit vers 1880, sous le règne du Teigne fétichiste et idolâtre Elimane Fall qui ne tôlerait point l’intrusion des voyageurs dans son fief.


Quand il fut  informe de l’installation illégale du Cheikh dans son territoire, il dit, à la grande surprise générale, de le laisser en paix. Il lui fit ensuite apporter, par ses captifs, de nombreuses provisions.
Le lendemain, le monarque, richement habille, reçut le cheikh avec tous les honneurs et le fit installer prés de lui sur son trône. Puis il s’engagea entre eux une conversation au cours de laquelle Cheikh Saad Bouh fit remarquer l’inutilité des idoles, en désignant l’arbre qu’il adorait.


« Nous ne connaissons que ces idoles que nous tenons de nos pères  », lui répondit le Teigne.
Pour lui prouver que les idoles n’ont aucune valeur, Cheikh Saad Bouh lui dit qu’il pouvait détruire,  en une fraction de seconde. l’arbre-fétiche.


Persuade que son hôte ne pourrait réaliser ce qu’il venait de dire, Elimanel acquiesça. Du coup, le chef fit un geste en direction de l’arbre qui fut foudroyé. Et pour confirmer l’assertion de leur maitre (l’unité des idoles), un des fideles traina l’arbre jusqu’à leur pieds.
Devant la stupéfaction du Teigne qui n’en revenait pas  Cheikh Saad Bouh dit qu’on ne doit adorer que Dieu, l’Unique, l’Eternel.


Et c’est volontiers qu’Elimanel Fall reconnut en Dieu le véritable Maitre de l’univers. Ensuite, il reçut l’enseignement du Cheikh qui le convertit à l’Islam avec tout son peuple et lui demanda de se débarrasser des bijoux en or dont il s’était pare.


Ayant entendu que le cheikh avait une magnifique chevelure qu’il dissimulait sous son eternel turban, Elimanel Fall lui demanda de la voir. Et tout naturellement Cheikh Saad Bouh refusa. Néanmoins, devant son insistance, il dévoila sa chevelure à son  nouveau talibé dont la tête s’inclina aussitôt vers sa poitrine. Il fut délivre de cette position insolite par le Cheikh qui lui dit : « C’est ainsi qu’on peut faire la différence entre les rois de cette terre et Dieu qui est le véritable Roi.


Mouhammad (PSL). C’est effectivement à Ngoumba oừ mourut et fut enterre son fils Hadrame dont la disparition à la fleur de l’âge, éprouva le Cheikh qui tenait à lui rendre hommage. Il demanda alors à un de ses disciples de cette province, Cheikh Code Diaw, accompagne d’autres disciples, de lui indiquer le tombeau de son fils à son fils. A une centaine de mètres des lieux, le guide lui montra du doigt l’endroit fatidique d’oừ jaillit une lumière qui fut projetée jusqu'à leur pieds. C’est le moment que choisit Cheikh Saad Bouh pour s’adresser à son Seigneur, en ces termes :
Sache, O le M miséricordieux que Ngoumba t’adresse des prières.
Accorde lui donc toute la miséricorde qui est en
Toi.
Fais que félicite satisfaction et sérénité enveloppent ce cimetière
Toutes ces faveurs grâce au tombeau de mon fils.
Ce fils dont tout le monde peut témoigner de sa
Fidélité à mon égard
Fais que la terre lui soit légère
Que son tombeau baigne dans la lumière
Et qu’il soit destine au paradis par la Vertu que Tu
As attribue à Mouhammad (PSL) et dispense à ses valeureux compagnons
Pardonne-lui tous ses pèches
Ainsi qu’à tous ceux qui viendront s’y recueillir.
Les compagnons de tous ceux qui seront ici.


Indépendamment de la visite religieuse dont il est souvent l’objet. Ce cimetière de Ngoumba sert de dernière demeure à certains descendants et disciples de Cheikh Saad Bouh
Cayor : dans ce province, Cheikh Saad Bouh était également adule notamment dans la ville sainte de Tivaoune oū il s’était fait distinguer par ses talents exceptionnels pour instruire sur place des personnes qui ignoraient tout de l’islam. A ce titre, « lors dd son séjour en cette escale, en Mrs 1913, la population donna des grandes en son honneur. Peu après son départ, les terrains communaux ayant été lotis et mis en adjucation, en vue de l’agrandissement de la ville, le lot sur lequel le Cheikh avait campe avec sa suite atteignit une valeur dix fois supérieure à celles des terrains environnants ».


Telles sont les étapes importantes et les péripéties qui ont caractérisé l’exode de Cheikh Saad Bouh depuis son Hod natal jusqu’au Sénégal. Ce périple l’a véritablement révèle aux populations qu’il a rencontrées en dépit des difficultés qu’il a rencontrées  en dépit des difficultés qu’il a connues. Ainsi, c’est sans surprise que son nom sera vénéré dans toute l’Afrique Occidentale, singulièrement en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie, au Mali, en Guinée Conakry et en Guinée Bissau. Encore qu’à cette époque il n’était pas facile d’émerger dans cette partie de l’Afrique oừ les marabouts de grande renommée étaient nombreux et la main mise coloniale s’y confirmait de plus en plus. Cheikh Saad Bouh parviendra cependant à se faire distinguer au point de se faire nommer par ses compagnons, l’ « Etoile de l’Islam » ; appellation que le Cheikh tint à justifier toute sa vie durant. Le chapitre suivant nous en dira plus.
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